Attendre, espérer que l’autre changera enfin pour toi, que l’autre t’aimera enfin comme tu le souhaites. Qu’il te donnera enfin ce que tu aurais voulu qu’on te dise ou fasse mais que tu n’as jamais reçu.

Un cri de douleur étouffé en toi, que tu combles par l’espoir que quelqu’un te verra enfin pour ce que tu es. Un puits sans fond, tu continues à y jeter des pierres mais rien n’y fait tu n’entends aucun retentissement, la peur t’envahit.

Tu te rends compte que le vide en toi est sans fin.

Que faire ? Comment se sauver lorsque l’on ne voit que le noir ? Dieu es-tu là ? Il fait si froid, y’a-t-il une lueur dans cet océan de douleur ?

Je cherche depuis si longtemps, que je me suis convaincue qu’il n’y avait rien dans cet univers qui puisse me sauver. Je suis seule. Je lutte seule. Je me débats, ma respiration est saccadée, je tremble. Je suis fatiguée, j’ai envie d’abandonner. Mes rêves semblent inatteignables. Si loin.

Pourquoi je continue à vivre ? Est-ce pour les autres ?

Non. Malgré le cauchemar que mon mental me peint au quotidien, une « chose » au fond de moi me dit de continuer, d’avancer, la paix est réelle. Elle existe.

Elle est encore très faible mais elle grandit à chaque seconde, à chaque minute, raccroche toi à cet étincelle même si elle est fugace. Derrière toute cette souffrance, une joie paisible s’y trouve. Elle a toujours été là. N’aies pas peur car le brouillard se dissipera.

Cette voix me dit que lorsque tu veux en finir avec ta vie, que tu n’as plus la force de te lever ; Utilise tes dernières forces pour t’aimer une dernière fois. Si tu en marres et que tu décides que ce sera le dernier acte de la pièce, avant que les rideaux tombent,  honore-toi une dernière fois ; sois fière du chemin parcouru, de tout ce que tu as enduré. Il n’y a aucun regret, aucune honte, tu as fait un parcours sans faute.

Si tu décides que c’est la fin, qu’il en soit ainsi. Mais avant d’en finir, applaudis-toi une dernière fois. A ce moment précis, tu sentiras que la personne qui applaudit ce n’est pas toi, ce n’est pas le petit personnage que tu as endossé toute ta vie, quelqu’un d’autre applaudit. Une part familière de toi-même, comme un ami qui a toujours été là mais qui ne s’est jamais imposé. Tu sens que c’est toi, c’est toi en mieux, c’est toi en plus joyeux, c’est toi avec de la force. C’est la partie de toi qui a toujours cru en l’impossible et en ta propre valeur, oui tu la reconnais c’est ton amour.

L’amour que tu as recherché durant toute une vie, avec bruit et fracas. Tu ne t’es jamais rendu compte qu’il était là, en toi. Tellement préoccupé à jouer ton rôle, à construire ton histoire, que tu as oublié qu’il y’avait un trésor tapi en toi.

Alors à nouveau, tu ressentiras une petite lueur d’espoir, un petit sentiment d’encouragement refait surface. La souffrance est toujours là, mais ta respiration est moins lourde, ton cœur est plus léger. Tu penses pouvoir vivre un jour de plus. Et c’est tout ce dont tu as besoin pour le moment. Sans t’en rendre compte, tu viens d’accomplir l’œuvre de Dieu. Tu viens d’illuminer la noirceur qui était en toi. Dans le silence intérieur, un miracle vient de s’accomplir. Personne ne le saura jamais, mais tu sauras enfin que le seul spectateur dont tu as besoin sera toujours là pour toi, prêt à t’applaudir pour ta dernière scène.

Fanny YA